Vendredi 7 décembre 2007
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Produire de l'électricité à partir de toute sorte de déchets ! Tel est le rôle de la machine développée actuellement par des chercheurs du département d'ingénierie agricole et biologique de
l'université américaine de Purdue (Indiana). Cette raffinerie démontable et transportable a été conçue pour l'armée américaine afin de réduire la quantité de gasoil emportée par les troupes aux
fronts.
La "mini-usine" de 3 m de haut, qui peut tenir sur une remorque de 4 m de long, rassemble trois processus : un bioréacteur transforme, grâce à des enzymes et autres micro-organismes, des débris
organiques (alimentaires, agricoles...) en éthanol ; une unité transforme les matériaux résiduels (papiers, plastiques, etc.) en gaz (propane et méthane) ; enfin, un moteur diesel utilise le gaz
et l'éthanol fabriqués pour alimenter un générateur d'électricité. Environ 1,3 tonne de déchets permet d'alimenter un générateur de 60 kW pendant une journée. Seule entorse à cette
autosuffisance, la machine a besoin de gazole pour ses premières heures de fonctionnement.
Baptisée "tactical refinery", "cette machine est le résultat de nombreuses études sur la logistique militaire", explique Jerry Warner, directeur de Defense Life Sciences, société privée
travaillant sur le projet avec l'université de Purdue. "Nous identifions deux grands problèmes sur les fronts, explique cet ancien militaire, l'approvisionnement des troupes en carburants,
notamment les premiers mois des conflits et la gestion d'importantes quantités de déchets produits par les soldats."
L'engin pourrait également être utilisé à des fins civiles, notamment dans les régions sinistrées par des catastrophes naturelles. Michael Ladisch, directeur de l'équipe des chercheurs, affirme
que "les équipes de sauvetage peuvent s'en servir pour transformer des débris de bois en électricité". Cette technologie permettrait aussi de fournir de l'énergie supplémentaire à des usines déjà
installées. Certains chercheurs pensent même aux régions privées d'électricité dans les pays pauvres. "Nous souhaitons que ce système profite à la société. Nous sommes en discussions avec
plusieurs entreprises pour des applications écologiques. Mais la priorité pour le moment est l'armée", ajoute M. Warner.
Dès la fin de l'année, deux prototypes vont être embarqués sur des navires militaires américains pour une expérimentation de six mois en mer. Selon Jerry Warner, "à partir des résultats, une
deuxième version plus performante de cette machine sera conçue afin de passer à l'étape de la production à grande échelle".
Par Stéphane BALLONG (publié dans Le Monde le 17 mars 2007)
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Publié dans : Futur
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